Amarre




Il est tard,

Je profite,

Encore,

Un peu,

De ses sourires radieux,

De la joie d'être deux.


Demain je sais,

Qu'il me faudra,

Avec beaucoup de regrets,

Peut être,

L'oubliée.


Son cœur m'est étranger,

Et j'ai pris froid,

Je crois,

De lui avoir livré le mien.


Etre juste

Le compère,

Elle,

La comparse,

A mes yeux,

D'une farce,

D'amitié.


Il en existe de toutes sortes,

Des amitiés,

Mais je ne vivrais pas,

Dans l'ombre,

A me morfondre 

De t'aimer.


Il est temps de partir,

A bord de mon petit navire,

Avant que mon cœur ne chavire,

Sur un grain de sable,

D'une profonde amertume.


Déçu,

Un peu,

Mais ce n'est pas le bon mot,

Désillusion, 

C'est mieux,

Ça s'écrit au crayon à papier,

Dans un recoin de son cerveau,

Un coup d'chiffon,

Un peu d'eau,

On s'en remet,

Parce qu'un peu trahit par sa naïveté,

Donc forcément,

Un peu responsable aussi.


Ce soir,

Il se fait tard,

Le regard fuyant la côte,

Et au loin,

Les sillons lumineux

De cette terre en friche,

Avec malgré tout,

Quelques légumineuses

Au bon goût.


Un grand soleil,

Accablant,

Se couchant,

Toujours, 

Autant,

Caniculaire,

Rouge flamboyant,

Feu,

Incendiaire.


Qu'ai je retenue,

Petit parvenu,

De cette histoire?


Que j'ai peur de m'y brûler les ailes!


Que serait il advenu ?


Nul ne le sait,

La vie est parfois surprenante.

 

J'ai cru,


A ces croyances insulaires,

Trompeuses,

Où l'on sent naître,

En soi,

Le plaidoyer,

D'un long et doux baiser.


Je rêvais, 

Et l'idée même,

D'être aimer,

Me caressait l'esprit.


Un imbécile,

Certes,

Mais heureux.


Un grand coeur,

En chute,

En déperdition,

Retenu in extremis dans les mailles

De ses filets.


Il s'est cru sauvé,

Pauvre de lui.

Balloté,

Chahuté en tout sens, 

Par ses vues de l'esprit,

Et de déchirants,

Malentendus.


Comme ce matin là,

Où sous une fine pluie, 

Triste mine de l'été,

J'étais planté là.


Ce matin là,

Elle n'est pas venue,

Je m'y attendais,

C'était écrit dans l'air,

Dans l'univers,

Et dans mon corps perdu,

Dehors,

Sous ce vent frisquet.


C'est que le bonhomme fatigue,

La poitrine blessée,

Pas celle de son coeur,

Enfin,

Un peu aussi,

Si,

Tout de même,

C'est l'été,

Il a besoin de repos.


Rappelle toi,

De ces mois en lutte,

De ces nuits sans sommeil,

Et de ces journées sans pareilles,

A se mouvoir aux limites du possible, 

Parfois même au delà 

Du visible.


J'ai vécu du bonheur,

Beaucoup,

De très jolies fleurs.


Et puis,

Quelques pleurs,

Contenus, 

Étouffer de l'intérieur,

A s'en noyer,

Enchevêtré  dans les chaînes 

D'un mauvais sortilège.



Mais un jour plus beau qu'un autre,

Mon courage entre les mains,

Je tenais la parole,

La clé de cette étouffante emprise.

Clé de vérité,

De délivrance,

Une sagesse de l'esprit,

Elle parvint à briser cette prison de verre,

Inspirant,

Enfin,

Le grand air.


Mon coeur battait fort des ailes,

Oui,

Mais je restais prudent,

Euphorique,

Mais,

Conscient,

De la nature de cette ivresse,

Et des tourments qu'ils m'ont causé.


Elle n'était pas indifférente,

Et il y avait là,

Un autre état d'âme à accomplir.


Nous étions deux,

Et le temps nous pressait,

Encore,

Toujours,

A prendre la fuite.


Il y avait là,

Trop d'énergie.

Et mon corps ne se souciait que de partir

Le coeur léger.


Je l'aurais bien emmener,

Sur les océans et les mers,

Ma bien jolie geôlière,

Mais,

Nous nous sommes séparés.


Le 14 octobre 2025